Digitalisation des petits commerces

Digitalisation des petits commerces : remettre du bon sens dans le digital

On parle beaucoup de digitalisation.
Parfois trop.
Et souvent de manière floue, technique ou anxiogène, surtout pour les petits commerces.

Lors d’un atelier récent à Gland que j’ai eu l’honneur d’animer, une chose est ressortie très clairement des échanges avec les commerçantes et commerçants :
👉 le besoin n’est pas d’avoir plus d’outils, mais plus de clarté.

La digitalisation n’est ni une mode, ni une obligation, ni une course.
C’est avant tout une manière de simplifier le quotidien, de mieux s’organiser dans le quotidien pour avoir plus de temps pour renforcer la relation avec ses clients.

Voici les 6 principes essentiels que j’ai partagés — et que je vois fonctionner sur le terrain.

1. Commencer par les objectifs, pas par les outils

Avant de créer un compte sur une nouvelle plateforme ou de tester un nouvel outil, il est utile de se poser une question très simple :

👉 À quoi cela va-t-il vraiment me servir ?

Dans un commerce, une bonne démarche digitale doit contribuer à au moins un objectif clair :

  • être plus visible,

  • communiquer plus simplement avec ses clients,
  • attirer de nouveaux clients,
  • fidéliser,
  • gagner du temps,
  • ou mieux comprendre ce qui fonctionne.

Si un outil ne sert aucun de ces objectifs de manière évidente, il n’est probablement pas prioritaire.
La technologie doit rester au service du bon sens.

2. Digitalisation ne veut pas dire “réseaux sociaux”

C’est une confusion très fréquente : digitalisation = réseaux sociaux.

En réalité, les réseaux sociaux ne sont qu’un élément parmi d’autres.
La digitalisation englobe aussi :

  • l’organisation administrative,
  • la gestion des contacts clients,
  • la facturation,
  • l’archivage des documents,
  • la planification,
  • les procedures internes
  • la fidélisation.

Les réseaux sociaux peuvent aider à la visibilité, mais ils ne remplacent ni une organisation claire, ni une relation client bien structurée.

3. Être visible au bon endroit, pas partout

Beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’il faut être présents sur toutes les plateformes.
Dans les faits, cela crée surtout de la fatigue et de la dispersion.

Chaque canal a un rôle différent :

  • Google pour être trouvé localement,

  • Instagram pour l’image et la proximité,

  • Facebook pour la communauté et les événements,

  • LinkedIn pour la crédibilité professionnelle,

  • la vidéo pour expliquer et rassurer.

👉 Mieux vaut être cohérent et régulier sur un ou deux canaux, que partout sans réelle stratégie.

4. Structurer ses contacts clients : une base essentielle

Les réseaux sociaux sont utiles, mais ils ne vous appartiennent pas.
Votre base de contacts clients, elle, est stratégique.

C’est là qu’un CRM — même simple — prend tout son sens.
Il permet de :

  • centraliser les coordonnées,
  • garder une trace des échanges,
  • envoyer des informations utiles,
  • remercier, relancer, fidéliser.

Ce n’est pas une question de technologie avancée, mais de relation dans la durée.

5. Digitaliser l’administratif pour alléger la charge mentale

On parle rarement de cet aspect, alors qu’il est fondamental.

La digitalisation administrative sert surtout à :

  • réduire le papier,
  • éviter les oublis,
  • gagner du temps,
  • alléger la charge mentale.

Qu’il s’agisse de factures, de documents, de plannings ou de tâches récurrentes, moins il y a de choses “dans la tête”, plus il y a d’énergie pour le cœur du métier : les clients.

Par exemple vous pouvez faire des videos des regles de sécurité en cas de feu, et à chaque nouveau salarié, il suffit de lui envoyer le lien pour comprendre les règles. Mais attention, une relation d’acceuil et de communication HUMAIN doit aussi accompagner le nouveau employé.

 

6. Fidéliser avant de chercher à attirer toujours plus

Un client fidèle est un client qui revient sans devoir être convaincu à nouveau.

La digitalisation peut soutenir cette fidélisation de manière très simple :

  • un message,
  • un email,
  • une information utile,
  • une attention régulière.

Il est souvent, plus simple et plus sain, de prendre soin des clients existants que de chercher en permanence à en attirer de nouveaux.

Et l’intelligence artificielle dans tout ça ?

On parle aujourd’hui beaucoup d’IA, parfois comme d’une solution miracle.
La réalité est plus nuancée.

L’IA peut être utile pour :

  • gagner du temps,
  • aider à rédiger,
  • structurer une idée,
  • orienter un client avant un échange humain.

Il est clair que faire rediger une annonce d’embauche par l’IA fait ganer du temps, on peut aussi, biensur, demander un chat vous aider à preparer un plan marketing ou un campaign sur les réseaux sociaux, ou même vous aider à trouver des idées et les structurer. Mais ces idées peuvent étalé sur un simple tableau google sheet ou Excel, et pas utiliser une nouvelle App qu’il va falloir passer du temps à apprendre utiliser et parmetrer, et surtout payer le service !

J’ai récemment utilisé un service où un assistant automatisé posait quelques questions pour comprendre le besoin (par mail) avant de rediriger vers une personne. C’est clair que j’ai apprécié son intelligence pour adapter ses questions à mon cas précis, et non pas un bot qui ne comprends pas. 
Ce type d’usage est intéressant : l’IA prépare la relation, elle ne la remplace pas.

Pour un commerce local, l’IA devient pertinente uniquement si les bases sont claires.
Sans organisation et sans stratégie, elle ajoute surtout de la complexité.

👉 L’IA peut être un assistant.
Elle ne remplace ni la relation humaine, ni le discernement.

Conclusion

La digitalisation, avec ou sans IA, n’est pas une question de technologie.
C’est une question de cohérence, de simplicité et de bon sens.

Les outils évoluent, les besoins restent les mêmes :
être visible, bien organisé, proche de ses clients et capable de durer.

Commencer petit, choisir peu d’outils mais les bons, et surtout les utiliser — c’est souvent là que se joue la vraie différence.

Et vous, commerçant ou entrepreneur, souhaitez-vous faire le point sur votre digitalisation et identifier des actions simples et concrètes pour votre activité ?
Je propose une session d’activation stratégique PME , pour clarifier vos priorités et repartir avec un plan d’actions adapté à votre réalité

 

10 actions pour améliorer votre trésorerie et réduire les coûts dans votre entreprise.

10 actions pour améliorer votre trésorerie et réduire les coûts dans votre entreprise.

🖊️ Note de l’éditeur – Août 2025
Cet article a été mis à jour afin de refléter les conditions actuelles du marché et d’apporter des éclairages supplémentaires pour gérer la trésorerie de manière stratégique dans le contexte économique d’aujourd’hui.

 

Avec la hausse des coûts et l’allongement des délais de paiement qui touchent même les entreprises les plus solides, j’ai vu trop d’entrepreneurs au bord de la rupture — non pas parce qu’ils n’étaient pas rentables, mais parce qu’ils n’avaient pas anticipé le décalage de trésorerie.

Ces 10 actions ont sauvé mon entreprise à une période où nous avions plus de 150 employés et des délais de paiement serrés imposés par les grandes entreprises. Ce n’est pas seulement une question de réduire les dépenses : c’est une question de leadership, de stratégie et de clarté.

Dans l’environnement économique actuel, marqué par l’inflation, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et des cycles de demande imprévisibles, la gestion de la trésorerie est plus essentielle que jamais. Pour de nombreux entrepreneurs, en particulier ceux qui gèrent des entreprises de services ou des scale-ups, la trésorerie n’est pas qu’une question de comptabilité. C’est une question de survie, de croissance et de sérénité.

Je le sais d’expérience. À la tête de ma propre entreprise avec plus de 150 employés, nous fournissions des services de conseil à forte valeur ajoutée, facturés en journées-hommes à des clients grands comptes. Ces clients, fiables et de longue date, payaient souvent à 60 jours fin de mois — parfois plus. Pendant ce temps, les salaires, le loyer, les taxes et les charges sociales devaient être réglés mensuellement.

Ce décalage créait une tension permanente sur la trésorerie. Il m’a obligée à explorer non seulement des solutions rapides, mais aussi des stratégies durables pour maîtriser et sécuriser la gestion de trésorerie.

Voici 10 actions concrètes qui dépassent les conseils classiques :

1. Analysez intelligemment votre structure de coûts

Ne vous contentez pas de couper les budgets — analysez la contribution réelle de chaque dépense. Classez-les en :

  • Essentielles au fonctionnement
  • Créatrices de valeur
  • Remplaçables
  • Inutiles

L’objectif est d’agir avec précision : optimiser plutôt que sabrer.


2. Améliorez vos conditions de paiement avec vos clients

Pouvez-vous demander un acompte, des délais plus courts pour les petits contrats, ou une facturation par étapes ? Même si ce n’est pas possible avec tous les clients, obtenir de meilleures conditions auprès de 20 % d’entre eux peut déjà réduire la pression sur votre trésorerie.


3. Négociez vos conditions fournisseurs

Si vous payez vos fournisseurs à 15 jours et que vous encaissez à 60 jours (ou plus), il y a un problème. Renforcez la relation afin de négocier de meilleurs délais ou explorez des achats groupés si vous êtes une petite entreprise.


4. Utilisez le factoring — mais maîtrisez son coût

Le factoring (vendre vos factures à un tiers) peut injecter de la liquidité immédiatement, mais il s’accompagne souvent de frais de 3% à 7%, plus des coûts administratifs. Utilisez-le de manière stratégique :

  • Pour les grands comptes, fiables et réguliers
  • Lors d’une phase de croissance où vous avez besoin de capital rapidement

Ne devenez pas dépendant : vérifiez vos marges avant tout.


5. Réduisez les stocks ou ressources inutilisés

Le stock immobilise du cash. Même dans une entreprise de services, des licences logicielles inutilisées, des postes de coworking vides ou une surcapacité d’outils technologiques représentent des coûts cachés. Transformez ce qui dort en liquidités — ou supprimez-le.


6. Réduisez le gaspillage d’énergie et d’espace

Optimisez la consommation énergétique de vos bureaux et reconsidérez la surface louée. Les modèles hybrides ou à distance permettent souvent de réduire, partager ou réorganiser l’espace (hot-desking), diminuant ainsi le loyer et les frais généraux.


7. Externalisez les activités non stratégiques

Déléguez la paie, la maintenance informatique ou l’administratif à des prestataires externes. Cela transforme des coûts fixes en coûts variables et libère du capital de roulement. Mais ne sacrifiez pas la qualité : choisissez des spécialistes, pas le moins cher.


8. Utilisez des outils open-source ou plus légers

Arrêtez de payer pour des logiciels en doublon. Passez à l’open-source, regroupez les licences et formez votre équipe à utiliser moins d’outils, mais mieux. Auditez votre parc logiciel tous les trimestres.


9. Impliquez votre équipe

La gestion de trésorerie ne relève pas uniquement du CFO. Partagez des objectifs clairs. J’ai vu des équipes renoncer volontairement à certains avantages — comme les machines Nespresso — pour préserver le poste d’un collègue. C’est de l’alignement. C’est une culture. Et cela économise du cash.


10. Alignez le marketing sur le ROI, pas sur la visibilité

Abandonnez les campagnes “vanity metrics”. Investissez dans des actions mesurables d’acquisition. Privilégiez les stratégies organiques — contenu, partenariats, recommandations — qui offrent un meilleur retour pour un coût plus faible.


Note sur les équipes : ne coupez pas sans conversation

En période difficile, beaucoup réduisent l’effectif en premier. Mais dans mon expérience, la transparence crée l’unité, pas la peur.

Il y a des années, un département avec lequel je travaillais a volontairement renoncé aux machines Nespresso pour préserver le poste d’un stagiaire. Cette décision venait d’eux — pas de la direction. Lorsque les équipes participent à la solution, la motivation et les résultats s’améliorent.


Dernier point : la trésorerie est une affaire de leadership

Gérer le cash n’est pas qu’une fonction comptable — c’est un impératif stratégique. C’est une question de discipline, de communication, et du courage d’affronter la réalité financière tôt et régulièrement.

Et non, la solution n’est pas toujours une nouvelle application ou un consultant “miracle”. Parfois, c’est simplement une meilleure organisation, une analyse honnête et cette question essentielle :
Où l’argent est-il bloqué, et comment le débloquer rapidement — sans compromettre la santé à long terme de l’entreprise ?


Pour aller plus loin

Si cet article vous a parlé, je vous invite à découvrir mon Cashflow Toolkit — un tableur simple et puissant, accompagné d’une courte vidéo, pour vous aider à suivre et reprendre le contrôle de votre trésorerie dès aujourd’hui.

 

 

Et si vous devez conduire une équipe en période de tension financière, je propose aussi des interventions et ateliers pour aider les entreprises à renforcer leur culture de performance et retrouver une clarté stratégique collective.